Ce que les refus m’ont appris

Ce que les refus m’ont appris

février 17, 2016 3 Par admin

Il y a quelques années, j’ai fais des études en techniques policières.  Après l’obtention de mon diplôme, j’ai appliqué dans différents corps de police.  La Sûreté du Québec a finalement retenu mon dossier, ce qui me donna la chance de  participer au processus de sélection.  À chaque nouvelle étape réussie, mon cœur débordait de joie à l’idée de me rapprocher de mon objectif.  Puis, vint le jour fatidique : la réception de la fameuse lettre qui confirmait soit mon acceptation, soit mon refus.  Mon cœur battait la chamade, je ne tenais plus en place.  J’avais travaillé si fort pendant toutes ses années, j’allais enfin pouvoir connaître mon sort.

Et c’est à ce moment que je lus ces quelques mots: votre candidature n’est plus retenue.  Et c’est tout.  Tant d’attentes, tant d’espoir s’écroulèrent d’un seul coup.  Le choc a été très dur à encaisser, pour moi et pour tous ceux qui m’avaient soutenus tout au long du processus.

J’ai ressenti une immense tristesse pendant plusieurs semaines.  Puis ce fut au tour de la colère de venir me visiter.  Suivit du blâme et de l’apitoiement sur mon sort.  Je criais haut et fort à l’injustice; pourquoi la vie ne me récompensait pas pour tous les efforts fournis?  Jusqu’au jour où je compris…

Je compris que j’avais tout simplement choisi la mauvaise profession.  Après un long cheminement personnel, je me rendis à l’évidence: le métier de policier ne me convenait pas.  C’est une profession très respectable mais elle ne s’harmonise pas avec  la personne que je suis.  J’aurai toujours la plus profonde admiration pour ces gens, mais ma place n’est pas là.

Vous comprendrez que je n’ai pas réalisé tout cela spontanément.  Il m’a fallu du temps et de la patience.  J’ai vécu plusieurs longues périodes de réflexion.  Il m’a fallu déterrer d’anciennes blessures et creuser au plus profond de moi.  Chacune des étapes émotionnelles que je vivais m’amenait à faire un pas de plus vers la connaissance de ma vraie nature.  Aujourd’hui, avec le recul, je suis consciente que cette lettre de refus a été une réelle bénédiction.    Si j’avais été acceptée, je serais probablement policière à l’heure actuelle.  Je  n’aurais cependant pas fait le cheminement qui m’a poussée dernièrement à m’éveiller et à me rapprocher de mon moi authentique.

Cette expérience me sert de leçon à chaque jour de ma vie.  Elle me fait comprendre l’importance de me questionner sur mes véritables motivations, sur la personne que je suis et sur ce que je veux accomplir en ce monde.  Elle m’ouvre les yeux sur tout un pan de possibilités.

Je ne regrette pas la décision de m’être inscrite en techniques policières, ni même d’avoir payé une grosse somme pour être admise à l’école nationale de police.  Cela faisait parti de mon processus, de mon chemin de vie.  C’était le défi que j’avais à vivre pour apprendre à me connecter à mon cœur et à mon âme.  C’est la meilleure façon que la vie a trouvée pour me permettre d’évoluer et d’atteindre un idéal plus en harmonie avec moi-même.

J’ai toujours pensé que lorsqu’une porte se referme, une autre s’ouvre.  Et c’est ce que je constate aujourd’hui.  Il est bon de croire en ses rêves et de faire de son mieux pour les atteindre, mais lorsque les choses ne se déroulent pas comme nous l’aurions espérées,  je considère qu’il est plus sage  de lâcher-prise et d’écouter la leçon transmise par l’expérience.  Qui sais ce que  l’avenir nous réserve?  Peut-être qu’un rêve encore plus grand nous attend en coulisse?